Mes 24 heures dans la rue 

4 min. de lecture

Passeriez-vous l'une des nuits les plus froides dans la rue?

Et si c’était pour une bonne cause? Je l’ai fait. Je le ferais à nouveau en un battement de cœur. La nuit du 2 février dernier, la température a chuté rapidement jusqu’à –41°C avec le facteur vent.

C’était aussi, par pur hasard, le défi 24 heures dans la rue, un événement visant à sensibiliser les gens à l’itinérance chez les jeunes d’Ottawa, organisé par Opération rentrer au foyer (l’un des partenaires de longue date de Centraide de l’Est de l’Ontario). 

Je regardais constamment la météo dans les jours qui ont précédé l’événement. Chaque fois que j’y jetais un coup d’œil, la température se refroidissait. Je n’étais pas habituée à des températures aussi frigides, mais c’était tout de même mon premier défi 24 heures dans la rue. Je me retenais chaque fois que je m’inquiétais. Je pensais à tout ce qui va bien dans ma vie, au fait que je suis privilégiée. Et je pensais ensuite aux jeunes dans la rue, à ce que je devais faire pour les appuyer. 

Voici le récapitulatif de ces incroyables 24 heures dans la rue…  

LE SAVIEZ-VOUS?

Selon la Société John Howard d'Ottawa, les jeunes constituaient 13 % de la population itinérante d'Ottawa en 2021. Ce pourcentage est probablement beaucoup plus élevé, car les données ne prennent pas en considération les sans-abri à risque ou cachée.
Jennifer Lorimer et Aidan Liebich

Jeudi, à 14 h : Ça commence! 

À notre arrivée au coin des rues Bank et Gloucester, le mercure était un peu en dessous de 0°C. Pancarte en main, nous sensibilisions le public à cette cause très importante.  

Pendant la nuit, dame Nature nous mettait à l’épreuve. Le mercure a chuté soudainement et le vent s’agitait de plus en plus. Les flocons de neige se précipitaient sur nos visages. 

Nous n’avons pas vu beaucoup de jeunes dans la rue ce soir-là. Santé publique Ottawa avait ouvert les portes de plusieurs lieux où ils pouvaient se réchauffer en raison de l’avertissement d’engelure, mais cette mesure n’est qu’une solution provisoire à un problème pressant. J’espère sincèrement qu’ils ont pu accueillir tout le monde qui avait besoin d’un endroit confortable, sûr et sécuritaire cette nuit-là.  

Jeudi, à 23 h : Le froid sévit.

J’ai dormi sur une planche de bois recouverte d’un carton. J’avais un sac de couchage et une couverture molletonnée. J’étais emmitouflée dans mon manteau et de nombreuses couches de vêtements… J’étais quand même gelée. Je n’ai presque pas dormi, pas seulement parce que je n’arrivais pas à me réchauffer, mais aussi parce que je n’étais pas habituée aux sons de la ville la nuit. J’étais sur mes gardes chaque fois que j’entendais quelque chose d’étrange. J’ai pensé à rentrer chez moi à quelques reprises, mais je suis restée pour les raisons suivantes : 

  • Cette cause qui me tient à cœur ❤️ 
  • Ce n’est que pour 24 heures 🕒   
  • Je sais que des jeunes vivent comme ça, tous les jours et toutes les nuits ❄️ 
  • Les autres volontaires 💪 
  • De la musique 🎶 
  • Ma tête de cochon et ma passion pour aider les gens dans le besoin🔥 

Vendredi, à 7 h : Toute une solidarité locale

Ce matin-là, la température continuait de chuter. J’espérais que les rayons du soleil nous réchaufferaient un peu, mais non. À ce point-là, j’étais épuisée — émotionnellement, mentalement, physiquement. Heureusement, nous avions du café bien chaud, de l’argent pour un petit déjeuner, de bons vêtements d’hiver et un sentiment d’appartenance à la communauté. Même si nous étions épuisés, nous bougions nos pancartes et dansions, musique à fond.  

Plusieurs jeunes sans-abri ont franchi les portes d’Opération rentrer au foyer sans gants ou sans manteau approprié ce matin-là. J’étais réconforté qu’ils avaient un endroit où aller, auraient un repas chaud à la halte-accueil et pourraient accéder aux services dont ils ont besoin. Ceux à qui j’ai parlé étaient optimistes et ont même raconté quelques blagues.  

Pour eux, ça fait partie de leur quotidien. Il y a beaucoup de choses que nous ne voyons pas ou ne comprenons pas. Avoir un endroit sécuritaire où dormir, ce n’est qu’un défi parmi tant d’autres. Ils ont peut-être eu une vie familiale difficile ou été victime d’abus et c’est pour ça qu’ils viennent ici. Ces jeunes pourraient souffrir de problèmes de santé mentale ou avoir pris du retard à l’école.  Ils ont donc de la difficulté à décrocher un emploi ou à assurer leur stabilité financière. Personne ne choisit de vivre dans la rue. La plupart des jeunes peuvent vivre une vie prospère lorsque nous leur donnons le soutien dont ils ont besoin. 

Regardez la tournée virtuelle pour en apprendre davantage à propos d’Opération rentrer au foyer et des façons dont l’agence aide les jeunes à bâtir une vie meilleure.

Vendredi, à 14 h : Réflexion et bain chaud

Le défi prenait fin et j’étais, en toute honnêteté, soulagée.  

Rappelez-vous que c’était loin d’être une simulation. C’était plutôt une expérience visant à sensibiliser la population. J’en suis ressortie touchée et reconnaissante de tout ce que j’ai et tiens parfois pour acquis. J’ai été inspirée à continuer de sensibiliser les gens, de parler de la crise du logement et de militer pour les personnes qui ont le plus besoin de notre aide. 

Je vous demande avec insistance de vous impliquer : continuez d’en parler, sensibilisez vos réseaux, donnez et faites du bénévolat pour les causes qui vous tiennent à cœur, et informez-vous le plus possible.  

Nous (le mouvement GenNext) disons souvent que nous sommes Ici, avec cœur, parce que nous aimons l’endroit où nous vivons et abordons les enjeux sociaux pour faire de notre communauté un meilleur endroit pour tout le monde. Être #IciAvecCœur, ça nous réchauffe bien pendant un défi 24 heures dans la rue!   

Traduction d’un blogue rédigé par Aidan Elizabeth Liebich, gestionnaire de la philanthropie en milieu de travail de Centraide de l’Est de l’Ontario et fière adepte du mouvement GenNext.
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