En toute Fierté : une période de questions avec Fae Johnstone, une personne qui défend les droits 2ELGBTQ+

7 min. de lecture

GenNext de l’Est de l’Ontario a donné le coup d’envoi de la Semaine de la Fierté d’Ottawa en organisant l’activité réseautage en toute Fierté, pour célébrer la défense des intérêts.  
 
Pour nous, « en toute Fierté » était non seulement le nom de notre événement, c’était aussi un appel à l’action sur la nécessité d’agir immédiatement et le besoin de militer pour les droits des personnes 2ELGBTQ+.  

Nous nous sommes associés à Fierté dans la Capitale, car les membres sont nos camarades et nous aimons être en bonne compagnie. Nous aimons également militer pour des causes semblables, comme celles de créer des occasions ayant pour but de célébrer les diverses facettes des communautés 2ELGBTQ+, de défendre leurs intérêts, d’éduquer les gens et de tisser des liens avec autrui.   

Vous avez raté l’événement? Nous ne pouvons pas vous faire un bracelet d’amitié ou rejouer l’incroyable musique acoustique de Larissa Desrosiers qui nous berce encore, mais nous pouvons vous faire part des faits saillants de la période de questions avec Fae Johnstone, une voix prépondérante sur les enjeux auxquels les membres de la communauté 2ELGBTQ+ canadienne sont confrontés. 

Cette période de questions a été modifiée aux fins de concision et de précision. Vous pouvez regarder la vidéo de la période dans son ensemble, animée par Tony Bui, sur notre Instagram 

Trouvez la cause qui vous tient à cœur et vous trouverez des personnes qui partagent vos valeurs. 

Q : S'engager activement peut être une source de récompense et de motivation. Cela peut également être exigeant sur le plan émotionnel et parfois même accablant. Comment prenez-vous soin de vous-même dans ces moments-là, pour pouvoir continuer ce combat?

Je pense que nous avons appris une chose, pendant ce cauchemar qu’a été et est toujours la pandémie. C’est que la communauté est là lorsque nous avons le plus besoin d’elle.  

En fait, l’une des méthodes les plus bénéfiques est de simplement passer du temps avec des personnes queer et trans, puis d’éviter de parler de l’état de la planète. Personne n’est censé mentionner des mots tels que l’homophobie systémique, l’augmentation de la haine, l’imminente apocalypse climatique ou autres choses du genre.  

D’un autre côté, je crois que l’on peut tout laisser à l’abandon quand il le faut. Il arrive que ce monde devienne vraiment trop à supporter. Je perçois davantage de désespoir dans les yeux des personnes queer et trans que je n’en percevais il y a cinq ans. Et cela m’inquiète vraiment, car je me demande quelle est l’incidence de cela sur la santé mentale?  

Je pense que beaucoup d'entre nous ont l'impression que cette haine est en train de se propager et que nous ne savons pas du tout quoi faire. Souvenez-vous toutefois que nous ne sommes pas seul·es dans cette situation, que nous pouvons trouver du réconfort et que nous avons déjà remporté ce combat par le passé.

Nous nous sommes associés à Toby Whitfield, directeur administratif de Fierté dans la Capitale, pour surprendre Fae ay moyen d’un Prix de bâtisseuses et bâtisseurs communautaires pendant notre activité réseautage.

Q : Avez-vous d'autres astuces à partager avec quelqu'un qui tente d'éviter l'épuisement professionnel lorsqu'il entre dans le monde du militantisme pour la première fois?

Au début de la vingtaine, j’avais le sentiment que si je n’organisais pas cette manifestation, si je n’écrivais pas cet éditorial, ou si je n’assistais pas à cette entrevue, personne d’autre ne le ferait. C’est en partie vrai. D’un autre côté, en prenant un peu de recul, un jeune de 19 ans qui a fait son coming-out il y a six mois se dira qu’il est prêt à le faire. Il va entrer dans cette dynamique. 

Cela ne signifie pas forcément de participer à une manifestation. Vous n'êtes pas tenu d'être celui ou celle qui va crier des choses sur la Colline du Parlement. Je pense que nous avons souvent une seule idée du leadership, une seule conception de ce à quoi ressemble un activiste.

Je souhaite sincèrement que plus de gens prennent le temps de parler à leur père (désolae pour les papas!), qu’ils prennent quelques instants pour écrire aux représentant·es élu·es, ou qu’ils partagent un article inspirant rédigé par quelqu’un d’autre dans le Citizen.

La défense d’intérêts et le militantisme peuvent prendre différentes formes, comme laisser quelqu’un pleurer sur son épaule ou écouter une personne qui traverse des moments difficiles. 

Nous pourrions mieux gérer l’épuisement si nous ne décrivions pas toujours la défense d’intérêts comme étant réservée à ceuzes qui sont nés sous le signe du Lion et qui aiment être sous les feux des projecteurs.  

Q : Quelles mesures les personnes peuvent-elles prendre pour faire une différence?

Rappelez-vous que les personnes queer et trans existent – étonnamment – après la période de juin à août. Cela veut dire nous épauler tout au long de l’année et d’avoir des conversations avec les membres de votre famille et en milieu de travail.  

C'est d'être la personne qui intervient lorsqu'elle entend quelqu'un plaisanter sur les hommes en robe ou un collègue être mégenré. C'est d'avoir le courage de dire : « En fait, je pense que cette personne utilise les pronoms "iel" ou "ielles" », ou « j'adore RuPaul ».

Lorsque vous envisagez de faire un don, songez aux organismes de première ligne qui servent les personnes queer et trans. Savez-vous vers qui les jeunes homosexuels se tournent lorsqu’ils sont mis à la porte de leur domicile familial? Vers des organismes comme Kind Space. Savez-vous vers qui les nouveaux venus queer ou trans, qui fuient un pays où ils ne sont pas en sécurité, se tournent pour obtenir du soutien et tisser des liens? Vers Capital Rainbow Refuge.  

Et que dire de Centraide! Appuyez toutes les autres agences queer et trans de notre ville. Ce n’est pas seulement une question d’argent. Il y a tant d’autres choses à offrir. Faites du bénévolat. Soyez solidaires, soyez présentes et présents, puis retweetez ce sapristi de lien quand on vous demande de faire un don! 

Q : Des conseils donneriez-vous à ceuzes qui veulent s'impliquer davantage dans les enjeux et la défense des communautés 2ELGBTQ+?

Il n’y a rien de mieux que des activités réseautage pour tisser des liens avec des gens qui se préoccupent de causes locales comme vous et changer les choses!

Je recommande vivement la série télévisée Pose. Elle se déroule à New York, dans les années 1990, et traite de la culture du drag et des salles de bal. Elle met principalement en scène des femmes trans noires racialisées et des hommes homosexuels qui survivent, qui font leur petite affaire tout en trouvant une communauté et une culture, à une époque où la haine envers la communauté était radicalement différente et moins polie qu’aujourd’hui. J’ai aussi pris plaisir à regarder The L Word et Queer as Folk 

Pour ce qui est des livres, je suggère Fierce Femmes and Notorious Liars par Kai Cheng Thom (en anglais seulement).  

Et pour ce qui est de l’apprentissage et la défense d’intérêts, il y a un magnifique petit organisme sans but lucratif qui s’appelle Society for Queer Momentum, surtout si vous souhaitez traiter de la hausse de la haine et mettre le gouvernement au défi d’en faire davantage pour les communautés queer et trans. 

Voyez comment GenNext de l’Est de l’Ontario collabore avec des partenaires de la région pour aider les communautés 2ELGBQT+ à prospérer :

Lisez des histoires comme celle-ci

qui traitent des liens entre les mentors et les jeunes des communautés 2ELGBTQ+; ces derniers permettent à la jeunesse de se sentir vue et entendue.

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la santé mentale, l'itinérance juvénile, la diversité et l'inclusion, ainsi que les emplois équitables.

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Nota : Centraide s’efforce de rédiger des contenus inclusifs et respectueux de tout l’éventail de la diversité. Fae, qui s’identifie parfois au genre féminin, utilise aussi des pronoms non-binaires. Centraide pourrait utiliser des procédés exploratoires, comme le point médian et les néologismes, dans ce blogue même s’ils ne sont pas reconnus par les ouvrages de référence.

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